LA GOURMETTE

ANTOINE DE SAINT-EXUPERY (CONSUELO)

c/o REYNAL AND HITCHCOCK INC.

386 4TH AVE. N.Y.C. U.S.A.

 

   Cette fameuse gourmette aura fait couler beaucoup d'encre. Son authenticité a été mise en doute dès sa découverte, et, par la même revue "scientifique" qui avait déjà lancé la polémique sur l'authenticité de la grotte Cosquer. Comme si Marseille ne pouvait être associée à des découvertes d'importance. Comme si, vues de la capitale, les seules valeurs sérieuses de la plus ancienne cité de France ne pouvaient être que le pastis et le football ! Curieusement, l'homme qui a le mieux connu l'intimité du couple Saint-Exupéry, José Martinez-Fructuoso, héritier de droit du couple Saint-Exupéry, sera ignoré des "journalistes enquêteurs". Seule une interview sera publiée sur www.Laprovence.com dont voici un extrait :

Alain Vircondelet et José Martinez-Fructuoso répondent à nos questions (Suite 2)
Rencontre (juillet 2000) avec Alain Vircondelet et José Martinez-Fructuoso, légataire universel de Consuelo de Saint-Exupéry

© Laprovence.com/Alain Vircondelet/José Martinez-Fructuoso

 

José Martinez-Fructuoso. Je suis très étonné qu'on attende autant pour connaître les modalités et les résultats des expertises.
Il s'agit d'expertises relativement simples, à savoir connaître la date de fabrication ainsi que l'origine du bijou. En examinant l'alliage de l'argent il est très facile de connaître le pays d'origine, l'alliage de l'argent étant différent par exemple en France et aux USA.
Il a été affirmé un peu trop vite qu'il était impossible que Saint-Ex ait porté une gourmette au poignet lors du crash. Je peux affirmer qu'une gourmette en argent avait été offerte à Saint-Ex avec le prénom de sa femme.
Je détiens une autre gourmette, en or, que Saint-Ex avait remis à son épouse avant de partir pour la guerre ; celle-ci mentionnait son groupe sanguin et lui avait été offerte par son amie journaliste Silvia Hamilton à New-York.
En ce qui concerne les recherches sur l'épave de l'avion, je pense qu'il faut laisser Saint-Exupéry reposer en paix dans cette mer Méditerranée qu'il aimait tant.


 
Laprovence.com. Continuons de parler d'aviation, au-delà de l'affaire de l'épave. Dans notre site Internet, nous avons récusé l'appellation si répandue : " écrivain-aviateur " ou " aviateur-écrivain ". Supprimant le trait d'union, nous avons écrit " écrivain et aviateur ". La nuance nous a paru importante. Êtes-vous d'accord ?

Alain Vircondelet. Totalement d'accord. Le trait d'union reflète une confusion qu'il est temps de faire cesser. Si de son vivant " Tonio " était très bien accueilli et très apprécié chez les intellectuels et les artistes - même s'ils n'ont pas tous vu toute la dimension de l'écrivain - après sa mort une autre attitude s'est instaurée. Il n'était plus qu'un aventurier de l'aviation, vaguement " archange " de par son éthique du courage et de la dignité, qui à l'occasion et presque par hasard avait rédigé des textes attendrissants et obsolètes. Saint-Exupéry reste méconnu des universités françaises, et il n'est abordé dans l'enseignement secondaire que par quelques professeurs. Aux yeux de beaucoup de ceux qui font l'opinion littéraire, il est trop aviateur pour être écrivain.
Et il était trop écrivain pour être aviateur, de l'avis de certains professionnels de l'aviation …

Laprovence.com. ...Pas les plus grands, Mermoz, Guillaumet, et les autres...

© Laprovence.com/Alain Vircondelet/José Martinez-Fructuoso
 

Il n'est pas inutile de rappeler, qu'à la même période, il était annoncé dans la presse qu'Antoine ne pouvait détenir cette gourmette en argent car il possédait une gourmette en or que lui avait offert Silvia Hamilton... M. Martinez-Fructuoso se souvenait donc de l'existence de cette gourmette, en argent, et, marquée "Consuelo" et il détient par héritage la gourmette en or.  L'interview de M. Fructuoso laisse supposer qu'il y aurait eu un échange de gourmettes entre St-Ex et son épouse lors de son départ pour la guerre.  De plus, l'adresse de l'éditeur du Petit Prince à New York, inscrite sur le bijou, a changé par la suite. Jean-Claude Bianco aurait été sacrément informé pour produire un faux comportant tous ces détails. Hervé Vaudoit, qui a enquêté aux USA, avance l'hypothèse, basée sur les souvenirs de Mme veuve Reynal (Reynal & Hitchcock éditeur du Petit Prince) que cette gourmette était une sorte de pense-bête offert à Consuelo pour qu'elle dispose en permanence de l'adresse postale de son mari. En effet c'est son éditeur qui se chargeait de faire suivre le courrier de St-Ex. Le texte gravé semble bien une adresse postale et la fameuse gourmette parait bien fine pour un poignet masculin. Mais, le plus incroyable c'est que cette gourmette est bien visible sur une photo de John Phillips, au poignet gauche du pilote alors dans son cockpit, et, qui plus est, reproduite en 1981, à la page 139 de l'excellente revue de l'aviation française "Icare".

ANTOINE DE SAINT-EXUPERY (CONSUELO)

c/o REYNAL AND HITCHCOCK INC.

386 4TH AVE. N.Y.C. U.S.A.

 

N.B.: C/O, abréviation postale de care of : chez

INC : Incorporated, équivalent à SARL

NYC : New York City